La Liberté joue les héroïnes
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Tout le monde resta interdit jusqu’à ce que la Liberté levât lentement la main, comme une héroïne de film américain au moment d’une révélation décisive, et dit d’une voix douce mais arrogante : « Je sais qui c’est… » Les statues se mirent à chuchoter : « Oh là là… elle nous rejoue son film dramatique. » La Liberté mit cinq minutes à ajuster sa couronne, à rectifier la position de sa flamme et à prendre une pose parfaite avant de poursuivre. Le silence s’installa au point qu’on entendait le vent essayer de comprendre la situation. Tout le monde attendait, mais comme d’habitude… la Liberté aimait le suspense plus
que l’utilité et soudain, elle haussa son sourcil de pierre et dit d’un ton d’experte :
« Mais avant que je parle… quelqu’un peut ajuster la flamme ? J’ai l’impression qu’elle n’est pas sous son meilleur angle. »
Une des statues derrière elle se racla la gorge et dit : « Ma sœur, on est en pleine catastrophe, pas en séance photo. »
Mais elle l’ignora complètement et se mit à placer sa main et à la faire tourner lentement, comme si elle construisait une scène de cinéma avec un budget hollywoodien.
Puis elle dit avec tout son arrogance :
« L'accusé… est quelqu’un que vous connaissez bien… quelqu’un qui se trouve parmi nous en ce moment… quelqu’un… »
Et elle s’arrêta exprès une nouvelle fois, à tel point que le Romain s’écria :
« Parle, femme ! Le briquet s’est enfui en Italie ou quoi ?! »
Mais la Liberté se contenta de sourire d’un sourire froid et dit :
« Patiente… les grandes missions ont besoin de moments de silence artistique. »