La tempête et la maison qui ne dort jamais
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Ce soir-là, la forêt ne ressemblait plus à elle-même.
Les arbres sous lesquels ils avaient l'habitude de rire paraissaient plus grands, plus proches, comme s'ils se penchaient pour écouter leurs pas.
Liane marchait au milieu, serrant son manteau autour de son corps frêle, les yeux fixés sur le ciel qui commençait à se couvrir de lourds nuages noirs.
À sa droite se trouvait Adam, sarcastique comme à son habitude, tentant de cacher son inquiétude derrière un sourire provocateur,
et à sa gauche Younès, le plus calme, qui avançait en silence comme si quelque chose dans les lieux éveillait en lui une alarme infaillible.
— « Je vous l'avais dit… cette forêt n'est pas une bonne idée avant le coucher du soleil », marmonna Younès.
— « Calme-toi, ce n'est qu'un orage d'été », répondit Adam, mais sa voix n'était pas aussi assurée qu'il l'aurait voulu.
Puis…
Un premier éclair frappa le ciel.
La pluie suivit.
Ce n'était pas une pluie ordinaire, mais des trombes qui s'abattaient avec violence, et un vent qui hurlait comme une créature affamée. En quelques minutes, le retour devint impossible.
Et là, Liane le vit.
— « Regardez… là-bas ! »
Entre les arbres se dressait une maison.
Vieille, légèrement de travers, ses fenêtres noires comme des yeux morts, et sa porte en bois qui se balançait avec le vent en produisant un grincement désagréable.
Personne ne discuta l'idée.
La peur de l'orage était plus forte que la peur de l'inconnu.
Ils entrèrent.
À l'intérieur, un air froid et une odeur d'humidité ancienne les accueillirent, comme si la maison n'avait pas été ouverte depuis des décennies.
Les murs étaient fissurés et le plafond gémissait à chaque rafale de vent.
— « On ne va passer qu'une nuit ici », dit Liane, tentant de se rassurer elle-même avant de rassurer les autres.
Mais la curiosité…
Cet ennemi silencieux, se mit à murmurer.
Une petite porte en bois dans le sol du salon.
Un sous-sol.
— « Vous avez vu ça ? » dit Adam, les yeux brillants d'un enthousiasme étrange.
— « Ne l'ouvrez pas », dit aussitôt Younès. « Cet endroit ne me plaît pas. »
Mais la porte avait déjà été ouverte.
Ils descendirent les marches lentement, tandis que l'obscurité engloutissait peu à peu la lumière, jusqu'à ce que leur souffle se coupât.
Au milieu du sous-sol…
Il y avait une horloge.
Grande.
Ancienne.
Recouverte de poussière… mais elle fonctionnait.
Tic… Tac… Tic… Tac…
Liane tendit la main sans s'en rendre compte.
Et dès qu'elle l'effleura —
La maison trembla.
Le sol vibra.
Et la lumière s'éteignit.
Puis…
Un son retentit.
Une voix rauque, lente, comme si elle sortait des entrailles mêmes du temps :
« Le premier jeu… commence maintenant. »
Le bruit de l'horloge s'arrêta.
Et un silence s'installa…
plus dangereux que n'importe quel cri.